L'Association sportive de Saint-Étienne

Fondation, 10 titres de champion, l'épopée européenne de 1976, Geoffroy-Guichard et l'identité populaire du club.

AS Saint-Étienne

L'AS Saint-Étienne est l'un des clubs les plus titrés du football français, et probablement celui dont l'identité populaire est la plus marquée. Son histoire est indissociable de celle d'un bassin industriel.

Les débuts

Le club naît en 1919 sous le nom d'Amicale des employés de la Société des magasins Casino, fondée par des salariés de la chaîne stéphanoise. C'est un club d'entreprise, comme beaucoup à l'époque.

Il prend son nom actuel en 1933 et rejoint le football professionnel la même année. Le vert, couleur des magasins Casino, lui reste, et lui donne son surnom.

Les années de gloire

Le premier titre de champion de France arrive en 1957, sous la direction de Jean Snella. Suit une domination qui s'étend sur près de deux décennies : 10 titres de champion au total, dont plusieurs séries consécutives, et six Coupes de France.

Cette période s'appuie sur un centre de formation d'une qualité rare et sur des joueurs devenus des figures du football français. Le club fournit une part importante de l'équipe nationale de l'époque.

L'épopée de 1976

C'est ce qui a fait entrer le club dans la mémoire collective bien au-delà du football. En 1976, Saint-Étienne atteint la finale de la Coupe des clubs champions européens à Glasgow, face au Bayern Munich, et la perd un à 0.

Deux tirs sur la barre transversale, dont les poteaux étaient carrés, un détail devenu légendaire, ont nourri le récit d'une défaite injuste. Le retour de l'équipe fut célébré comme une victoire, avec une réception sur les Champs-Élysées et une foule considérable.

Cette épopée a créé une génération de supporters dans toute la France, bien au-delà de la Loire. Elle reste l'un des moments les plus racontés de l'histoire du sport français.

Geoffroy-Guichard

Le stade, ouvert en 1931 et nommé d'après le fondateur des magasins Casino, est l'un des rares en France à avoir conservé une configuration entièrement fermée, avec quatre tribunes accolées à la pelouse et sans piste d'athlétisme.

Cette architecture explique son ambiance sonore, souvent citée comme la plus forte du championnat, et son surnom de « Chaudron ». Il a été rénové et agrandi à plusieurs reprises, notamment pour les grandes compétitions internationales organisées en France.

Une identité ouvrière

Saint-Étienne était une ville de mines, d'armurerie, de rubanerie et de métallurgie. Le club a longtemps été porté par cette population, et il a survécu au déclin industriel du bassin comme un élément de continuité et de fierté locale.

C'est ce qui explique l'intensité du lien entre la ville et son club, et aussi la sensibilité particulière des périodes difficiles, relégations, difficultés financières, changements de propriétaires, vécues bien au-delà du seul résultat sportif.

Aujourd'hui

Le club a connu des fortunes diverses depuis les années 1980 : relégations, remontées, retours en compétition européenne. Sa formation reste réputée, et son public parmi les plus nombreux et les plus fidèles de France, y compris en division inférieure, un fait rare qui en dit plus long que n'importe quel palmarès sur ce que représente ce club.

Ressources utiles